L’éthique du désir
- 30 août 2023
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Dernière mise à jour : 4 sept. 2023

Depuis la nuit des temps, l’Homme n’a cessé de chercher deux constantes, l’immortalité et le bonheur. Une quete qui reste presente à ce jour, les recherches en transhumanisme pour la premiere et l’engouement vers les psychologues, psychothérapeutes et accompagnateurs en développement personnel pour trouver l’eudémonisme
Transhumanisme à part, parlons de la quete du bonheur qui ne peut être que chimère face à la recherche par l’homme de ce qui est durable. Si le bonheur s’inscrit dans la durée il ne peut plus être qualifié de bonheur et comme dirait l’adage « Toujours du bonheur, trop de bonheur, n’est pas un bonheur ». La recherche devrait être orientée vers la satisfaction, un équilibre serein et une conséquence du désir et du plaisir
Définissons d’abord ces deux acceptions sur le plan étymologique
Désir du latin « desiderare » signifiant regretter l’absence de quelqu’un ou de quelques chose, il est un souhait irrationnel, obsédant et impossible à satisfaire qui porte sur la possession de quelque chose. le désir peut être une soufrance nuisible quand il se manifeste par un manque qui ne peut être comblé
D’ores et déjà on omet le terme espoir dans cette recherche car c’est un affect negatif voire une passion passive eu égard à l’absence d’une action pour y aboutir et de subir le futur en tant que fatum. Il est selon la mythologie greque le seul mal qui ne s’est pas propagé de la jarre ouverte par PANDORE, un mal sous l’habit du bien. Il est l’expression du manque, le nécessiteux aspire à la richesse et le malade espere la santé
« Quand tu auras désappris à espérer, je t’apprendrai à vouloir » Sénèque
L’art de vivre heureux Schopenhauer : RÈGLE DE VIE N° 16
Nous sommes tous nés en Arcadie, c’est-à-dire : nous venons dans le monde remplis d’exigences de bonheur et de plaisir et nous gardons l’espérance folle de les réaliser jusqu’à ce que le destin se rappelle brutalement à nous et nous montre que rien n’est nôtre, mais que tout est sien : il possède en effet un droit incontestable non seulement sur tous nos biens et toutes nos acquisitions, mais encore sur nos bras et nos jambes, nos yeux et nos oreilles, et même sur le nez au milieu de notre visage.
Ensuite vient l’expérience et elle nous apprend que bonheur et plaisir sont de pures chimères qu’un mirage nous montre au loin, qu’au contraire la souffrance, la douleur sont réelles, qu’elles se font connaître elles-mêmes immédiatement sans avoir besoin de l’illusion et de l’attente. Si son enseignement porte du fruit, nous cessons de rechercher le bonheur et le plaisir et sommes uniquement préoccupés d’échapper autant que faire se peut à la douleur et à la souffrance.
Le sage n’aspire pas au plaisir, mais à l’absence de souffrance », Aristote, Éthique à Nicomaque VII, 11, 1152b 15]. Nous voyons que le mieux qu’on puisse trouver au monde est un présent sans souffrance, qu’on puisse supporter paisiblement. Qu’un tel présent nous vienne en partage, et nous savons l’apprécier et nous nous gardons certainement de le pervertir en aspirant sans trêve à des joies imaginaires ou en nous souciant avec inquiétude d’un avenir toujours incertain : n’est-il pas entièrement entre les mains du destin, quels que soient nos efforts pour le contrecarrer ?
Atteindre l’equilibre interne pour vivre serein en société passe par la recherche de la satisfaction et non du bonheur, celle-ci passe par le désir et le plaisir éduqués.
La quete du sage est la maitrise rationnelle de la joie et de la soufrance, minimiser l’impact des souffrances pour maximiser la joie en admettant que les deux font partie de la vie
Le désir disait Spinoza est l’essence de l’homme, cependant le désir doit viser la vertu « on ne désire pas une chose parce qu’elle bonne, mais on la trouve bonne parce qu’on la désire ». le désir qui conduit au plaisir et nous amène à la satisfaction est le désir du bon et du beau, du juste en désirant avec tempérance. Le plaisir d’une bonne table ne signifie pas l’opulence dans la pitance et cesse d’être un plaisir s’il y a l’excès ce qui donnera lieu aux effets indésirables (Indigestion ou obésité)
Eduque son désir, l’apprendre avec éthique pour parvenir à la satisfaction, ainsi devrait être note quete qui est renouvelable, un désir est un plaisir lorsqu’il ne s’accompagne pas de regrets ou remords pour être renouvelé differement
EXTRAIT du roman Pandora, l’amour parfaitement imparfait relatif au bonheur
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Sans le quitter du regard, plongée sous l’effet de son aimant intangible qui ne cessait de
l’attirer avec une envie pressante d’aborder avec lui la question de l’amour, avant qu’il ne lui
sorte une citation de son inexistence, elle répondit :
- Je respecterai à la lettre les trois règles et je te suis en dépit de mon scepticisme. Ton
talent de professeur est vivement sollicité pour me convaincre.
- Chère MIRA, le bonheur c’est l’eau de l’océan plus tu en bois plus ta soif
augmente, alors que le désir est vital, renouvelable et varie selon tes besoins et tes manques.
Il est l’expression de vivre à contrario de l’espoir que j’aborderai ultérieurement.
Le désir tel que le définit à bon escient Spinoza « Le désir est l’essence même de l’homme,
c’est-à-dire l’effort par lequel l’homme s’efforce de préserver dans son être. » Le désir tout
comme l’amour est, comme j’ai dit, un manque. On ne désire que ce que nous n’avons pas.
Il est empoisonné si empreint de jalousie, cette dernière est l’entrave de l’aisance et du
plaisir.
Elle se disait, il est au courant d’un sentiment qu’on nommait amour. Était-il de ceux pour
qui l’amour se fait et se limite aux plaisirs de la chair ? Il n’en donnait pas l’impression face à
son manque de réaction ou bien était-il manipulateur ? Sa confusion et ses questionnements
fussent détectés.
- Je ne suis pas de marbre, ni de glace. Je ne dis pas que le désir est néfaste. Spinoza
disait, « le désir qui nait de la joie est plus fort que le désir qui nait de la tristesse. » Ce désir il
faut l’éduquer, l’apprivoiser pour atteindre l’excellence.
- Mon cher ISKANDER, vos références qui font autorité je l’admets, mais on est dans
un monde qui n’est pas le leur. Reviens vers notre siècle, tu oublies que depuis, tant
d’évolutions et de révolutions se sont produites. Entre le désir blanc éduqué et le désir noir
néfaste je n’arrive pas à me situer et je ‘n’aime pas le gris.
- Je t’entends très bien, et je précise que les idées n’ont pas évolués. L’homme est
encore en quête des mêmes préoccupations, juste l’appellation change, transhumanisme
versus immortalité. Droit d’ingérence versus colonisation.
- Penses-tu que je suis insensible à ta beauté et ta sensualité ? Que le désir de t’enlacer,
te faire l’amour avec une ardeur aussi grande que ton besoin du bonheur est inexistant.
Elle se fit prendre par surprise, Elle ne s’attendait pas à cette déclaration, elle le voulait venir
sur ce terrain mais il avait mal jugé sa pudeur et garda le silence.
Surement que je te désire et plus que tu le penses, cependant je balance le bien et le
mal dans mon action, mon désir devrait être rationnel, non influencé par un manque ponctuel
et consommable, qu’il doit apporter un plaisir non préjudiciable ou être source de déception
ou de remords, je déteste les regrets. Je comprends le côté litanie de mes citations mais ils
nous situent et nous tracent la route. Encore Schopenhauer « Le désir, de sa nature, est
souffrance, la satisfaction engendre bien vite la satiété, le but était illusoire, la possession lui
enlève son attrait, le désir renaît sous une forme nouvelle, et avec lui le besoin, sinon, c’est le
dégoût, le vide, l’ennui, ennemis plus rudes encore que le besoin. » Et encore pur étayer ma
conviction « Le désir satisfait fait place aussitôt à un nouveau désir, le premier est une
déception reconnue, le second une déception non encore reconnue. »
Il remarqua sa gène et reprit dans le but de la convaincre. Le désir est devenu une
commodité, loin de la vertu de la modération, on ne désire que la matière y compris en
amour, on désire le corps de la femme et non la femme, le désir de l’avoir et du paraître
l’emporte sur l’être ainsi parlait Euripide « Parmi les mortels, il n'est pas un homme heureux.
L'opulence, quand elle afflue, peut donner à l'un plus de succès qu'à l'autre, mais le bonheur,
non » Rumi que je commence à respecter de jour en jour a décrit la vraie définition
« Les désirs sont comme les chiens qui dorment le bien et le mal sont cachés en eux. »
Reprenant difficilement sa respiration qui s’était accélérée par sa déclaration du désir ainsi
que du réveil progressif de sa féminité, elle essaya de reprendre le dessus :
- Et mon mal d’anxiété dans tout ça, je ne pense pas que l’absence ou la présence du désir puisse être d’utilité.
- Ton anxiété, je me rappelle avoir dit que je te soutiens et que j’en fais mon cas, donc
je dirai notre malaise enfoui au lieu d’anxiété. Avions nous dit que l’anxiété est cette
peur sans objet, un choix devant les possibles ? Je me demande si le désir de revenir à ta
spiritualité rigoriste est la cause ou bien est-ce le désir d’effacer toute trace ? Peut-être s’agit-
il d’un désir d’amour que tu ne veux pas t’avouer ? Ainsi sont tes possibilités, nous avons
encore d’autres bracelets à porter avant de décider. Je veux juste que tu intègres que le
bonheur est difficile de trouver en soi et impossible ailleurs encore comme dirait Chamfort.
La clé réside dans ta capacité de te suffire à toi-même.
FATMA réapparut apportant la joie et la bonté sur son visage :
- Désiriez-vous un café ou une tisane ? Je connais mon ISKANDER, il te
chaufferait les oreilles et fera fondre tes neurones dans l’abstrait. Il aurait bien fait de saisir
l’opportunité qui se présente à lui et aborder l’essentiel pour une femme.
- Merci ma chère FATMA, tu es adorable et j’envie ISKANDER, il est né sous la
bonne étoile en ayant une femme de ta bonté pour s’occuper de lui. Je vais partir, il se
fait tard.
- Je vais t’accompagner sans chauffer tes oreilles.
- Ooh que non, j’ai envie d’affronter la rue toute seule, il est temps que je me
réconcilie avec la rue et mes semblables en dehors du travail.






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