Pandora, L'amour parfaitement imparfait
- 20 août 2023
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Extrait du Chapitre VII
« Sans musique, la vie serait pour moi une erreur » disait Frederick Nietzche, une phrase qui
tonitruait dans les oreilles de Prométhée et faisait bouillonner ses méninges et ce depuis une
semaine. Prométhée ne faisait pas partie de ceux qui se laissaient envahir par la résignation,
la condition humaine lui tenait à cœur, le châtiment de l’aigle n’avait pas eu droit de sa
fermeté et son intransigeance, ça ne changerait pas. Parmi les philosophes qu’il appréciait en
dehors du cercle d’Athènes était Nietzsche par ses positions radicales, sa conception du
marteau à l’encontre des idoles et se posait, comme lui la question vitale « A-t- on remarqué à
quel point la musique rend l’esprit libre, donne des ailes aux pensées ? Que, plus on devient
musicien, plus on devient philosophe.» La malédiction émise par HERA lui tenait aussi à
cœur et il était résolu à venir à bout et aider son élue ou au minimum atténuer l’effet néfaste
de cette maladie qui entamerait sa condition en usant du pouvoir de la musique, en y faisant
bénéficier tous les mortels, les animaux et les plantes pour une harmonie du cosmos qui
danserait au diapason de la musicologie. Ulysse autant courageux et guerrier reconnu, qu’il
était conscient de l’effet de la musique, n’avait-il pas demandé à ses compagnons de se
boucher les oreilles et de s’attacher solidement au mât pour ne pas succomber au charme
attractif du chant des sirènes qui maitrisaient cet art pour sublimer et attirer les mortels dans
leurs filets.
Prométhée ne pouvait ignorer les effets des dons d’Orphée et de sa maîtrise de l’art musical,
une arme infaillible, qui fit de lui un guerrier, sollicité afin de récupérer la toison d’or en
usant du son émanant des vibrations de sa lyre. Les mortels ont compris les effets sur le
caractère humain et utilisent la musique pour éveiller le courage et la bravoure des
soldats.
Elle exerçait cette magie sur les mœurs, elle est un capital de l’humanité, un héritage, un
dialogue au sens étymologique transcendant le temps et l’espace. Une science plus qu’un art
qui devrait contribuer au bien-être des mortels qui lui tenaient tant à cœur, ne se lassant pas de
les défendre, d’être le vecteur d’une positive spiritualité réparatrice, un traitement conduisant
à la bonté de l’âme, un traitement qui adoucirait les cœurs et stimulerait le cerveau, le souffle
qui apporterait la connaissance de soi-même.
Autant d’enjeux pour la condition humaine, l’éveil des sens et la correction des humeurs
qu’il cherchait , militerait pour un autre pèlerinage chez les dieux, un voyage motivé par la
conception du monde chez les Grecs qui mettaient l’harmonie au sommet de leurs
préoccupations.
Une harmonie de l’esprit et du corps. Platon, Pythagore et autres reconnaissaient les bienfaits
de la musique sur la santé et son pouvoir de guérison. Qui d’autres à Delphes était en mesure
d’agir et avait les dons, il ne pouvait être qu’Apollon, alliant musique et médecine, il était le
dieu tout désigné. Restait, le plan à établir pour le rallier à sa cause sans pour autant prendre
le risque d’importuner l’assemblée et dévier de sa quête et les lasser de leur soutien à son
objectif. Ainsi décidé ainsi fût son pèlerinage, tribun qu’il est.
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